Roland JD-Xi : le petit surdoué

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Je vous propose dans cet article de découvrir en détails le Roland Jd-Xi. Un synthé de la marque Roland, disponible depuis 2014. Certainement d’un des meilleurs dans sa catégorie. Je vous explique pourquoi dans cet article, avec à la clé quelques petits extraits en vidéos !

L’analo et le numérique

Le synthé a connu une première ère, celle de l’analogique. Il s’agissait alors de générer des sons directement à partir de signaux électriques primaires (généralement des signaux sinusoïdaux, triangulaires ou carrés). Pour ajuster leur timbre deux méthodes l’addition des ondes (synthèse additive) et le filtrage (synthèse soustractive). Sur ce principe, on a vu naître dès le début du XXème siècle bon nombre de synthés et c’est au milieu des années 60-70 que nous vîmes les premiers modèles qui définirent les standards des synthés analogique actuels (le miniMoog, le Korg MS-20, l’ARP Odyssey, le Jupiter 8 de Roland, etc.). Au milieu des années 80 les premiers synthés numériques grand public font leur apparition avec la démocratisation des processeurs. Au fur et à mesure des avancées technologiques, le synthé numérique fera sérieusement de l’ombre aux synthés analogiques, souvent encombrants, lourds et assez instables. Le synthé numérique offre de nouvelles sonorités (des formes d’ondes à ne plus savoir qu’en faire, et même un autre type de synthèse avec la FM), de nouvelles fonctions, …

Mais voilà, l’analo n’a pas dit son dernier mot, loin de là. Depuis les années 2000, il revient en force. Difficile d’oublier ses sonorités propres, souvent imitées mais rarement égalées. Le retro fait aussi son retour dans le domaine de la musique. Il suffit de voir la scène électro de ces dernières années, comme elle use des sons typiques de la synthèse FM (qui fait aussi son retour) et du gros son analogique.

 

Le JD-Xi, à la croisée des chemins

Le JD-Xi et son grand frère, le JD-XA ont la particularité d’être hybrides. C’est à dire qu’ils ont à la fois numériques et analogiques. Le JD-Xi offre 3 parties digitales polyphoniques (2 voix SuperNATURAL et une drum), et une section analogique monophonique. Le second lui, est mieux armé côté sons, avec 4 canaux analogiques monophoniques + 4 canaux digitaux. Adieu par contre par contre la partie drums. Mais revenons plutôt à notre « petit » JD-Xi.

Tout ce concentré tient dans un boitier entièrement plastique, plutôt bien fini. Le clavier compte 37 mini-touches, au rebond convenable. En comparaison, il est bien supérieur à celui d’un MPK mini pour ceux qui ont eu l’occasion de le pratiquer. S’agissant tout de même de mini-touches, inutile de préciser que pour un vrai confort, il vaudra mieux utiliser un bon clavier maître (avec Aftertouch tant qu’à faire, puisqu’il est disponible mais pas directement au travers de ses mini touches, évidemment sensible uniquement la vélocité).

Côté commandes, tout tombe sous la main, l’ergonomie est bien pensée. Le plus important est là. Bien entendu vu le petit format, il ne fallait pas espérer se trouver face à une fonction – un bouton. De nombreux paramètres pour le réglage des sons (et tout le reste dont je parlerai plus loin) sont accessibles par des menus via l’afficheur. On trouve assez vite tout ce qu’on cherche sans avoir besoin de recourir aux manuels du JD-Xi, qui ont le mérite d’être très clair.

Le point noir pour moi, c’est l’absence d’ADSR directement sur le Panel. Il est remplacé par unique potentiomètre varier plusieurs paramètres de l’enveloppe. Pour réellement régler l’ADSR d’amplification nous passerons pas les menus.

Enfin la lisibilité du panel : Le noir laqué est joli mais les inscription rouge peuvent être difficiles à lire. Je n’ai pas trouvé ça très handicapant personnellement (après quelques heures d’utilisation on comprend bien la disposition très logique des boutons), mais je préfère le mentionner car certains en parle ici et là. Pour ceux que ça gêne, Roland propose un nouvel « overlay » noir mat avec les inscriptions blanches. Il suffira de le coller proprement, pour avoir l’impression d’avoir un nouveau synthé, plus lisible !

 

Des presets bien rangés

Le ensembles de sons du JD-Xi sont rangés par presets regroupant les 4 parties (2 digitales, 1 drum kit, 1 analog). Les 2 canaux numériques font soit appel à formes d’ondes modélisées ou des PCM (jusqu’à 4 couches) : 7 formes d’ondes modélisées + 160 PCM disponibles. On y trouvera quelques sons acoustiques qui peuvent s’avérer utiles (ce n’est pas du niveau de sons acoustiques de l’Integra ou du FA : il y a du bon et du bien moins bon). Tous ces sons de base sont accessibles par le biais du bouton rotatif au centre du clavier, classées par type d’instrument. Vous pouvez les utiliser tels quels ou les triturer à votre sauce pour les sauvegarder dans les banques de presets.

On trouve 4 banques (A/B/C/D) de 64 programmes (ayant chacun 4 canaux). Vous me suivez ? Ceux-là sont pré-configurées dans des styles variés. A cela s’ajoutent 4 banques users (E/F/G/H) de même capacité pour enregistrer vos propres presets. Quoi que, techniquement rien ne vous empêche d’utiliser les 8 banques pour sauvegarder les sons que vous aurez modelés. Notez par ailleurs que ce total de 512 programmes sauvegardent aussi les patterns du séquenceur, dont on parlera plus loin.

 

Les sons numériques

Je pourrais écrire des pages pour décrire toutes les paramètres d’édition des tones et la manière dont fonctionne le moteur digital, mais dans les grandes lignes sachez qu’une partie digitale est constituée de 3 « partials » nommées P1/P2/P3. Chaque partial est constitué d’une forme d’onde (sin, triangle, saw, square à largeur variable / modulable, supersaw…) et/ou un PCM. A cela s’ajoute le choix du filtre (4 modes différents : low pass, high-pass, pass-bande, peaking) dont on peut régler la fréquence de coupure contrôlable par la position sur le clavier, la vélocité et l’ADSR. Côté amplification : pan, volume contrôlable par la vélocité, la position du clavier, et une ADSR. Chaque partial est muni de 2 LFO. Le premier étant direct, et l’autre modulé par la molette MOD. Leur forme d’onde est à sélectionner parmi 6 formes d’ondes disponibles, et on pourra les synchronisés via MIDI clock externe ou tempo (interne). Ils peuvent s’appliquer au filtre, au pitch, à l’amplification et au panoramique. L’aftertouch (par contrôle MIDI Externe) peut également moduler le filtre et l’ampli.

 

Les drum kits

Dans ce domaine, le JD-Xi est une petite merveille. Les kits proposés sont variés et ont vraiment une pêche d’enfer ! En chiffres, ce sont 33 kits, créés à partir de plus de 450 PCM faisant la part belle aux machines de la marque : TR-707, TR-808, TR-909, TR-727, TR-606, TR-626, CR-78, R-8, complétés avec des sons acoustiques et des bruits et voix. Chaque kit comprend 26 instruments (26 touches) d’un à quatre couches PCM. Au delà des paramètres généraux qui s’appliquent à tout le kit (accordage, volume, groupes exclusifs, etc.), on peut configurer chaque instrument dans le kit. Attention au vertige : Accordage, niveau, vélocité, panoramique, pitch, filtres, coupure (modulable), résonance (modulable) et leurs enveloppes, ensuite on passe à la section Amp. Encore tout un lot de paramètres de niveau avec l’enveloppe, et le panoramique aussi modulable. Et ce n’est pas terminé, chaque instrument du kit passe (indépendamment !) dans la section d’effets. Rien de d’en parler j’en ai le tournis. Ça fait un sacré nombre de pages de menu tout ça. Alors si on veut customiser un kit complet, il faudra s’armer de patience. Heureusement les kits de base sont très bons, et les commandes disponibles du panel permettent déjà d’appliquer des modifications intéressantes.

La partie analogique

Sur la partie analogique, seuls l’oscillateur et le Sub-oscillateur et le filtre sont analogiques. Le LFO et l’amplification sont en effet numériques. Les formes d’ondes disponibles sont le triangle, la dent de scie et le carré (à largeur est variable, réglable par un bouton en façade ou modulable via le LFO). Un sub oscillateur permet d’ajouter une note à l’unisson à l’octave -1 ou -2. Très pratique pour les gros sons de basse. Seul le filtre passe-bas est disponible dans ce mode, avec un réglage de la fréquence de coupure et une résonance. La FC est modulable par une enveloppe ADSR, par la vélocité, et la hauteur de la note jouée au clavier. Puis direction l’amplification avec un réglage du volume (avec ADSR) et de la vélocité. Le LFO (actionnable par la molette de MOD), est disponible comme sur les autres parties. Il permet de moduler le pitch, le filtre et l’amplification (toujours 6 formes d’ondes, synchronisable en MIDI ou au tempo). Enfin au niveau global, activation du legato ,du partamento. Cette partie analo étant relativement simple, la section d’effets est la bienvenue, permettant d’enrichir un peu la palette sonore. On réussira au final à sortir de jolis sons de basse et des lead très exploitables.

 

Les effets

La section effets se montre très